Marocchinate

Marocchinate
Le terme Marocchinate (littéralement « Maroquinées ») désigne, en Italien, les femmes qui ont été violée après la bataille de Monte Cassino par les goumiers (soldats marocains) des troupes coloniales françaises commandées par le général Juin.

Le 14 mai 1944, les goumiers traversaient un terrain très hostile dans les montagnes d'Aurunci. Ils essayent de contourner les troupes allemandes afin de briser la ligne Gustave. Le général Juin aurait déclaré avant la bataille : « pendant les prochaines 50 heures vous serez les seuls maîtres de tout ce que vous trouverez derrières les lignes ennemies. Personne ne vous punira pour ce que vous ferez, personne ne vous posera de questions. »

Le 18 mai, les alliés prenaient Montecassino. La nuit suivante, des milliers de goumiers accompagnés d'autres troupes coloniales envahirent les villages de la région de Ciociaria (au sud du Lazio) à proximité du champ de bataille. Près de 2000 femmes âgées de 11 à 86 ans furent violées pendant la nuit. Les hommes qui tentèrent de défendre leurs femmes et filles furent assassinés sans merci. On estime à 800 le nombre de ces tués. Deux s½urs âgées de 15 et 18 ans furent violées par une douzaine d'hommes chacune. La première mourut quelques jours plus tard, la deuxième était encore dans un hôpital psychiatrique en 1997, 53 ans après le drame. De nombreuses maisons furent détruites et les soldats pillèrent tous les objets de valeur. Le maire d'Esperia, une des communes visées, a recensé 700 cas de viols sur 2500 habitants. De nombreuses victimes périrent le soir même.

Dès que l'histoire fut connue, le Pape Pie XII communiqua avec l'État major alliés et lui indiqua que ces régiments ne seraient pas acceptés dans Rome. D'autres attaques par les goumiers sur des paysans italiens furent rapportées dans les semaines qui suivirent au nord de Rome et en Toscane. En avril 1945, le même régiment aurait aussi violé 500 femmes à Freudenstadt dans la Forêt noire, cette fois-ci sous le commandement du Général de Lattre de Tassigny. À Stuttgart, environ 2000 femmes auraient été enfermées et violées dans le métro. Les autorités françaises ont toujours niées ces accusations.

Afin de commémorer ce drame, un monument, le « Mamma Ciociara », fut érigé à Castro dei Volsci. En 1957, l'écrivain italien Alberto Moravia écrivit le roman La Ciociara relatant la tragédie. Il recueillit de nombreux témoignages pour documenter son livre. Il fut ensuite adapté au cinéma par Vittorio de Sica. Sophia Loren, qui jouait le rôle principal, reçue l'Oscar du meilleur rôle féminin en 1960. C'était la première fois qu'une actrice recevait ce prix pour un film tourné dans une autre langue que l'anglais. En 2006, le film Indigènes n'a pas évoqué le sujet.

# Posté le lundi 22 décembre 2008 18:51

La Barbarie Communiste

Pourtant porter l'étoile rouge ou le ché, c'est “fashion”!

# Posté le mercredi 20 août 2008 16:05

Modifié le mardi 02 septembre 2008 16:57

Et le désert avançait, peuplé d'une multitude d'errants...

Et le désert avançait, peuplé d'une multitude d'errants…
Zentropa

François cherchait avidement du regard un quelconque vestige auquel se raccrocher pour enfin ressentir cette joyeuse nostalgie qu'il était venu chercher en retournant, tant d'années après, sur la place du village qui l'avait vu naître.

Mais il ne trouvait rien. Pas même l'ombre du grand châtaignier qui maternait paisiblement ses jeux de marelle ni la vieille fontaine dont le cliquetis l'excédait au plus haut point lorsqu'il se concentrait pour remporter une partie de billes « à la tic ». Rien. Tout avait changé. Ou plus exactement, tout avait dépéri. La rue principale était déserte, aucun cri d'enfants ni vocifération de joueurs de pétanque ne venait troubler l'infâme grésillement télévisuel qui s'échappait des quelques fenêtres entrouvertes.

Les trois quarts des maisons du centre ville étaient hermétiquement closes, mortes 10 mois par an depuis qu'elles n'étaient plus que les résidences secondaires de riches hollandais.

Tout le monde au village était attaché à son terroir, à ses traditions, à ses origines, mais on avait quand même préféré céder les maisons aux bataves pleins de pognon plutôt qu'aux enfants du pays pas très solvables ou aux quelques jeunes couples citadins qui rêvaient de « retour à la terre ». Il y a des priorités et on avait fait de bonnes affaires. L'atavisme paysan n'a pas que des bons côtés.

L'église avait fermé, comme partout, et finissait de se délabrer dans de grands soupirs qui faisaient régulièrement dégringoler quelques pierres de ses saintes et anachroniques statues.

Les impôts locaux payés par les nouveaux résidents avaient permis de ravaler la façade de la mairie qui exhibait maintenant l'indécente blancheur de son rayonnement républicain qui la faisait ressembler à un Pierrot hilare égaré au milieu d'un cimetière.

Les commerces avaient disparu, le boulanger s'était pendu, son fils passait un concours de catégorie B de la fonction publique.

Tout allait pour le mieux.

Les nouveaux lampadaires à ampoules « écologiques » éclairaient le vide, François s'assit sur le banc métallique qui avait remplacé l'antique banc de bois vert où il avait gravé le nom de sa première fiancée. De son pied las et attristé il aurait voulu frapper un caillou pour le projeter au tréfonds de son désarroi mais le bitume impeccable n'offrait aucun défouloir à son malaise naissant.

Devant lui, le marché couvert transformé en discothèque estivale annonçait fièrement sa réouverture pour le 30 juin.

« La même programmation qu'à Ibiza ! » promettait l'affiche multicolore impeccablement collée sur la porte à judas.

François hésita entre un ricanement et un crachat.

Comment en était-on arrivé là ? Quelle somme de démissions individuelles avait-il fallu ?

- « De toute façon, il n'y a pas de travail dans la région... »

- « Les enfants ne veulent plus venir en vacances ici... »

- « Il n'y a pas assez de loisirs et de divertissements... »

- « Ma copine ne supporte pas la cambrousse... »

- « Une vieille maison, c'est trop de soucis... »

Tout le monde avait sa petite excuse. Lui le premier.


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# Posté le mardi 19 août 2008 15:55